En naviguant sur les réseaux sociaux, j’ai pris en note le commentaire suivant auquel était rattaché le lien vers l’article paru sur Boursorama intitulé « L’économie française est entrée en récession en octobre ».
Je cite la première partie de son commentaire « Les propos qui suivent ne viennent pas pour faire du mauvais esprit… Mais vraiment, nous prennent-ils pour des crétins ? Il semblerait bien que oui… L’économie française est entrée en récession en octobre (2011…) ». Je ne pense pas qu’ils « nous » prennent pour des crétins, mais ça pourrait vite changer, avec des remarques comme celles qui vont suivre.
Et puis, c’est le moment où les âneries commencent à tomber : « La France est endettée de manière chronique et exponentielle depuis 1973 avec l’arrivée du brave G.Pompidou (employé de la banque Rothschild) et culmine avec un endettement public (données officielles de la fin du premier trimestre 2011) qui atteint 85% de son PIB ». George Pompidou était au pouvoir de 1969 à 1974, je vois mal comment on peut le juger comme responsable, mais je comprend, c’était tentant d’utiliser le fait qu’il eu été le directeur général de la Banque Rothschild. Hélas, les déficits budgétaires ont plutôt commencé à se montrer à partir de 1981 (sous Mitterrand et avec le passif de la crise de 1974) et le premier pic historique* est apparu en 1993. Même si le dernier chiffre sur la part de la dette publique dans le PIB est vrai, le reste ne l’est pas : Les déficits publique et l’augmentation de la dette publique ont vu le jours sous Mitterrand entre 1981 et 1993, a ce moment là George Pompidou n’était déjà plus parmi nous.
Et enfin la conclusion : « Par voie de conséquences, dites-moi donc comment la France peut-elle n’être entrée en récession qu’au mois d’octobre 2011 ? ». Je ne vois que difficilement, le mécanisme de cause à effet qui permet à cette personne d’en arriver à cette question. C’est tout simplement dû au fait que la demande ne s’écroule pas subitement, mais diminue de plus en plus au fil de la crise et les aides sociales y contribuent.
Puis finalement, la théorie du complot : « A mon avis cet article n’a pour but qu’à préparer mentalement le peuple français à la faillite de la France et à mieux faire accepter les mesures déjà prises (FESF et BANQUE MES) ». Cet avis me semble mauvais, je pense plutôt que l’ont été à zéro pour-cent de croissance sur le second trimestre, il se peut donc bien que l’on est une croissance négative sur le troisième trimestre. De plus, l’indicateur PMI est construit à partir d’une enquête sur 750 firmes industrielles, et même s’il est plutôt fiable, on peut tout de même émettre quelques réserves sur la potentielle récession française car plusieurs autres indicateurs sont utilisés pour évaluer la croissance trimestrielle. Enfin, la récession ne sonne pas la faillite de la France, sauf si celle-ci perdure, car nos objectif de réduction de notre endettement repose sur des perspectives de croissance et une partie de cette croissance se trouve être des recettes fiscales supplémentaires.
* NB : la période considéré démarre en 1970.





