
On voit quelques articles dans la presse généraliste et économique, qui nous inciterait à croire que le thon rouge n’est plus un poisson souffrant de la surpêche et pendant ce temps là, les groupements écologiques nous matraque que ce n’est pas du tout le cas. Je me suis moi même penché un peu sur le sujet pour me faire ma propre opinion et je vous expose brièvement ce que j’ai pu découvrir sur le sujet.
La première chose que j’ai voulu trouver, c’est une série de donnée sur le stock de poisson disponible (au cours du temps) : chose qui n’existe pas, trop compliquer, trop cher, trop long … je n’ai même pas réussi à avoir une estimation au cours du temps de cette population.
Je me suis donc tourné vers les séries de chiffres sur les quantités de thon rouge pêché, dans l’atlantique-est (Méditerranée y compris), qui proviennent de l’ICCAT : Le Monde a d’ailleurs tracé un bien beau graphique et nous donne en plus de bonne explication, mais on voit vite les limites de ces chiffres : déjà comme Le Monde le souligne après l’instauration des quotas à partir de 1996, les chiffres diminuent mais il s’avère que si on prenait en compte la pêche illégale (difficilement visible, mais tout de même estimé), les chiffres auraient été plutôt stable, autours des 50 000 tonnes. De plus, les chiffres de l’ICCAT ne prennent pas en compte la pêche destinée aux fermes (prise de thon, qu’on enferme et qu’on gave). Les tonnes pêchées nous apporte donc que très peu d’information sur l’état de la population de thon rouge.
Si maintenant, on fait un peu le chemin inverse et on cherche du coté de la CITES, qui s’occupe entre autre chose de classer en 3 annexes des espèces qui sont en danger, l’annexe 1 étant celle qui regroupe celles qui sont le plus en danger et pour y figurer il faut que le stock de l’espèce soit passer en dessous du seuil de 15% du maximum historique : pour le thon rouge, ce maximum est situé entre 1 et 10 millions de tonnes soit un seuil d’environs 150 000 tonnes. Les études économétriques, nous disent avec une probabilité de 4% de se tromper, que le stock est passé en dessous de ce seuil et que donc le thon rouge devrait figurer dans l’annexe 1.
L’autre étude économétrique assez sympathique, nous dit qu’il y aurait seulement une chance sur deux de sortir de la zone rouge d’ici 2023 avec le quota dit « optimal » fixé à 8000 tonnes pour 2010, le quota effectif est en réalité de 13500 tonnes.
Tout cela c’était avant la dernière étude de l’IFREMER, qui a effectué des vols au dessus du golf du Lyon en Méditerranée et a découvert une présence abondante de thon rouge.
Même si ma présentation a été peut être rapide, je pense que c’est réellement incroyable de tout de suite lire partout que finalement, il n’y a pas de surexploitation du thon rouge et que l’espèce n’est plus en danger, juste en trouvant qu’il y a une présence assez importante à un endroit, il faudrait renouveler cette étude l’an prochain et en plus tacher de le faire dans plusieurs autres emplacements. En tout cas, pour les amateurs il faudra toujours banquer autant, le prix de la tonne de thon rouge n’est pas prêt de baisser.





